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Les indemnités des chômeurs sont prolongées

Les indemnités des chômeurs sont prolongées © Keystone
Les indemnités des chômeurs sont prolongées © Keystone
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25.03.2020

Le droit au chômage va être prolongé le temps que dure cette crise sanitaire, qui s’apparente à un marathon.

Philippe Castella

Nos journalistes sont mobilisés pour vous offrir une couverture de qualité et de service public sur l’épidémie de coronavirus. En raison de la situation sanitaire particulière et du fort intérêt pour cette thématique, «La Liberté» a décidé de vous offrir l’accès à cet article. Bonne lecture et merci de votre confiance.

 

«Les mesures sanitaires sont bien respectées», s’est réjoui ce mercredi le ministre de la Santé Alain Berset devant les médias. «Mais il va falloir faire en sorte que cette discipline perdure. Il ne s’agit pas d’une course de 100 mètres mais d’un marathon», a averti cet ancien coureur de demi-fond, alors que la barre des 10’000 cas avérés de coronavirus devrait être franchie aujourd’hui en Suisse.

Lors de sa séance de mercredi, le Conseil fédéral a pris toute une série de mesures économiques. Outre celles sur l’octroi de prêts aux entreprises, elles concernent avant tout le chômage, pour des coûts supplémentaires estimés à 600 millions de francs par mois. Avec une bonne nouvelle d’abord pour les chômeurs: leur droit à toucher des indemnités est prolongé le temps que dure la pandémie, de 6 mois au maximum. «Il s’agit d’éviter que des personnes arrivent en fin de droit durant cette crise», a expliqué le ministre de l’Economie Guy Parmelin.

De nombreux allègements administratifs ont aussi été effectués. Plus besoin ainsi pour les chômeurs de produire les preuves de leurs recherches d’emploi. Cela ne les soulage pas du devoir de chercher un emploi, précise toutefois Boris Zürcher, chef de la Direction du travail au Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO).

Le marché de l’emploi n’est pas totalement asséché, en particulier dans les secteurs sollicités durant cette crise: soins, pharmacie, agriculture, commerce, logistique, etc. Et pour faciliter le recrutement de personnel dans ces secteurs, le Conseil fédéral a aussi levé l’obligation faite aux employeurs de communiquer les postes vacants aux offices régionaux de placement (ORP), une mesure qui avait été introduite pour mettre en œuvre l’initiative contre l’immigration de masse.

Pour ce qui est du chômage partiel, sa durée est prolongée de trois à six mois et le délai de préavis est supprimé. Tous les indépendants qui vont pouvoir y recourir recevront un montant forfaitaire de 3320 francs par mois pour un plein temps. Et non pas le 80% de cette somme (2656 fr.), a bien précisé Guy Parmelin, contrairement aux informations qui ont largement circulé sur les réseaux sociaux. Ce sont les salariés qui touchent le 80% de leurs revenus au chômage partiel.

Le Conseil fédéral a encore édicté des restrictions en ce qui concerne l’exportation de matériel médical de protection, tels que masques, gants, lunettes de protection, surblouses. L’exportation de ce matériel en dehors de la zone européenne est soumise à autorisation, afin de préserver les besoins des hôpitaux suisses. Une bonne nouvelle a été annoncée dans ce domaine par Daniel Koch, responsable de la division des maladies transmissibles à l’OFSP: la Suisse dispose désormais de machines pour fabriquer des masques, jusqu’à 40’000 par jour.

De nombreuses questions urgentes restent à régler, ont convenu hier tant Alain Berset que Guy Parmelin. Ainsi en est-il d’une éventuelle «lex Ticino», qui rendrait légales les mesures prises par ce canton pour fermer les chantiers et l’industrie. Il en va de même pour la question d’un moratoire sur les déménagements, réclamé tant par les milieux immobiliers que de défense des locataires. Des décisions sur ces deux sujets pourraient tomber demain. Figurent aussi en tête de l’agenda du Conseil fédéral les solutions à trouver en matière de locaux commerciaux et pour certaines professions qui semblent passer entre les mailles du filet tant du chômage partiel que des allocations pour perte de gain (APG), comme les chauffeurs de taxi.

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