La Liberté

«Parce que la séparation attise le désir de se retrouver»

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22.04.2020

Lettre à nos aînés

Chers aînés, j’espère que lire ces quelques mots vous apportera le même bien-être que cela m’a procuré de les écrire. En effet, m’adresser à vous revient à avoir une pensée appuyée pour mes adorables parents et mes regrettés grands-parents.

Permettez-moi de commencer par une anecdote. Un jour, en me promenant en Basse-Ville de Fribourg, je rencontre un bel homme grisonnant qui, au fil de la discussion, me confie: «Tu sais, je fais chambre à part avec mon épouse. Mes enfants ne comprennent pas notre choix. Mais je ronfle… Je n’ose dire à mes enfants que c’est formidable! Nous dormons confortablement chacun dans notre lit et de plus, quel délicieux moment, lorsque je vais frapper à sa porte. C’est génial! Nous ne faisons qu’une exception, en vacances, où nous dormons ensemble. Là aussi, c’est top! Nous avons à chaque fois l’impression de nous retrouver comme la première fois.»

Sur le moment, j’ai trouvé cette anecdote rigolote. Avec le recul, je trouve la démarche intéressante. Tout cela pour vous dire que vous aussi, chers aïeux, après ce confinement, vous retrouverez vos propres enfants, petits-enfants voire arrière-petits-enfants, avec le même bonheur que ma connaissance lorsqu’elle rejoignait sa tendre moitié dans l’intimité d’une des deux chambres. J’imagine votre visage rayonnant lorsque vous leur ouvrirez votre chez-vous…

Vous nous manquez. Votre humour, votre gentillesse, votre bienveillance et vos témoignages me font défaut. Cela fait plus d’un mois que je n’ai plus vu mes propres parents. Habituellement, je suis attendu dans le quartier de mon enfance, comme un pacha, par ma maman qui a mijoté mes petits plats préférés – la position d’aîné confère d’indéniables avantages, chanteraient en chœur ma sœur et mon frère. Et là, j’écoute inlassablement mon papa me raconter la vie d’autrefois; le travail à la campagne et les changements climatiques – ils ne datent pas d’aujourd’hui, dit-il d’un ton solennel. La grêle qui avait fait des dégâts à la vigne qu’il chérit tant. La chaleur insupportable d’un été d’antan. Il ne pourra s’empêcher de me narrer le grand Inter de Milan des années 1960 ou le Mondial de Pelé en 1970. Il me parlera encore de ces fameux Hongrois aux noms imprononçables lors de la Coupe du monde 1954 en Suisse. Le tout en buvant un délicieux nectar du Vully. Santé! Oui, la santé c’est ce que je vous souhaite pour vite vous retrouver et profiter de ce que la vie nous offrira en héritage, votre Amour!

Steve Guillod, Entraîneur du FC Bulle

 


» Cette opération de solidarité est lancée de concert avec d’autres quotidiens régionaux de Suisse romande: Le Quotidien Jurassien dans le Jura, Arcinfo à Neuchâtel, Le Journal du Jura (Berne francophone) et Le Nouvelliste, en Valais. La Côte, basée à Nyon, et le magazine Générations se sont également joints au mouvement.

Mais la solidarité ne se confine évidemment pas aux seules rédactions. C’est pourquoi nous vous lançons un appel, à vous, chers lecteurs: écrivez vous aussi votre lettre à nos aînés et faites-nous la parvenir par courriel à l’adresse suivante: redaction@laliberte.ch. Nous publierons les plus belles dans nos prochaines éditions.

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