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On referme pour cinq semaines

Séparés par un plexiglas et portant le masque de protection, les conseillers fédéraux Guy Parmelin et Alain Berset n’avaient pas de bonnes nouvelles à annoncer en se présentant devant la presse ce mercredi. © Keystone
Séparés par un plexiglas et portant le masque de protection, les conseillers fédéraux Guy Parmelin et Alain Berset n’avaient pas de bonnes nouvelles à annoncer en se présentant devant la presse ce mercredi. © Keystone
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13.01.2021

Le Conseil fédéral anticipe l’aggravation de la pandémie liée au variant britannique. Il annonce un nouveau semi-confinement dès lundi et jusqu’à fin février. En parallèle, les soutiens aux entreprises sont assouplis

Xavier Lambiel

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Pandémie » Pour la première fois, les conseillers fédéraux gardent leurs masques face aux journalistes. Le ministre de la Santé Alain Berset soupire: «Nous avons de mauvaises nouvelles». Le nouveau président de la Confédération Guy Parmelin insiste: «Ce n’étaient pas des décisions faciles». Comme pressenti la semaine dernière, le gouvernement prolonge les mesures de lutte contre le virus jusqu’à la fin février. Moins attendu, il durcit le confinement dès lundi prochain. Les commerces «non essentiels» seront fermés, alors que le télétravail deviendra obligatoire. A l’avenir, les conditions des aides financières seront plus souples et leurs montants plus élevés.

Selon les indiscrétions qui filtrent dans les couloirs du Palais fédéral, Alain Berset a obtenu le soutien de ses collègues PLR et un vote n’a pas été nécessaire. Pour Guy Parmelin, «le Conseil fédéral estime que les incertitudes d’une nouvelle variante beaucoup plus contagieuse nécessitent des mesures plus radicales». Alain Berset ajoute: «Le nombre de cas de la nouvelle mutation double chaque semaine et annonce une 3e vague potentiellement explosive». Il soupire encore: «Face à un choix cornélien, nous avons choisi d’agir vite, pour éviter de devoir prendre des mesures plus complexes et plus coûteuses plus tard.»

 

Les commerces seront fermés


Dès le lundi 18 janvier, les commerces et les marchés seront fermés pour cinq semaines, à l’exception de ceux qui vendent des biens de consommation courante ou de première nécessité, comme les magasins d’alimentation ou les pharmacies. L’ordonnance montre que les points de vente des opérateurs de télécommunications, les garages qui proposent des réparations, les blanchisseries, les cordonneries, les magasins de bricolage ou de jardinage et les magasins de fleurs pourront rester ouverts. Les stations-service et les kiosques ne seront plus tenus de fermer à 19 h et le dimanche. Par ailleurs, les restaurants, établissements culturels, les installations de sport et de loisirs resteront clos. Alain Berset rappelle que «les restaurateurs ne sont pas responsables de la situation». Il hausse le ton: «Le but, c’est de maîtriser l’épidémie, pas d’embêter les gens.»

 

Le télétravail devient obligatoire


Recommandé depuis plusieurs semaines, le travail à distance deviendra la norme. Les employeurs auront la charge de le mettre en place pour autant que leur activité le permette, «sans efforts disproportionnés». Là où le télétravail n’est pas possible, les employés seront tenus de porter un masque dès que deux personnes travaillent dans la même pièce. Si elles ne peuvent pas œuvrer à domicile, ou dans des conditions similaires, les personnes vulnérables seront exemptées de l’obligation de travailler et percevront l’intégralité de leur salaire. Dans ces cas, les employeurs ont droit à des allocations pour perte de gain.

 

Groupes limités à cinq personnes


Les manifestations privées seront limitées à cinq personnes, enfants inclus. La mesure concerne aussi les rassemblements spontanés dans l’espace public. Les moins de 16 ans continueront à bénéficier d’exceptions dans les domaines du sport et de la culture. Les manifestations restent interdites et les hautes écoles sont tenues d’enseigner à distance. Les remontées mécaniques peuvent rester ouvertes.
De façon plus générale, il est recommandé de rester chez soi. Pour Alain Berset, «il s’agit aussi de protéger la vaccination, nous agissons pour que la situation ne s’éternise pas.»

 

Des cas de rigueur plus souples


La définition du cas de rigueur change et s’assouplit. Restaurants, bars ou discothèques: les entreprises qui auront été fermées pendant au moins 40 jours depuis novembre 2020 à la suite des décisions des autorités seront désormais automatiquement considérées comme des cas de rigueur, et n’auront donc plus besoin d’argumenter pour prétendre à une aide. Les autres entreprises devront montrer une perte de 40% du chiffres d’affaires en se fondant sur les données des douze derniers mois, et non plus sur celles de l’année 2020. Par ailleurs, les 750 millions de francs qui constituaient «la réserve du Conseil fédéral» seront consacrées au financement des mesures cantonales. Pour Guy Parmelin, «la souffrance est partout et nous sommes conscients que ces mesures drastiques auront un coût considérable.»

 

Les aides à fonds perdu augmentent


Le gouvernement relève le plafond des contributions à fonds perdu. Les cantons pourront verser des aides qui iront jusqu’à 20% du chiffre d’affaires annuel, contre 10% jusqu’ici, et à 750’000 francs par entreprise, contre 500’000 francs auparavant. Ils pourront même augmenter ce plafond à 1,5 million, pour autant que les propriétaires apportent de nouveaux fonds ou que des bailleurs abandonnent leurs créances.
Pour le ministre des Finances Ueli Maurer, «le but est de protéger les entreprises familiales, mais aussi des structures plus grandes». En prévenant qu’il «ne faut pas s’attendre à ce que l’argent arrive tout de suite», il imagine recevoir plus de 100’000 sollicitations: «Nous partons du principe que la majorité des entreprises pourront être considérées comme des cas de rigueur.»

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