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Une insécurité constante

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17.02.2020

Le développement des réseaux sociaux a entraîné une nouvelle forme de harcèlement, en ligne. Les adolescents sont particulièrement vulnérables

Chiara Bovigny

Témoignage » Selon une étude menée par la Haute Ecole zurichoise de sciences appliquées en 2018 en Suisse, un jeune de 12-19 ans sur cinq affirme que quelqu’un a déjà voulu régler ses comptes avec lui sur internet et 12% ont subi la divulgation en ligne de propos erronés ou offensants à leur sujet. Le harcèlement en ligne peut prendre plusieurs formes. Comme le constate Eva Yerly, psychologue scolaire à Fribourg, «la technologie a apporté de nouveaux outils de harcèlement aux personnes malveillantes et les adolescents sont plus touchés car ils ont tendance à se servir de ces moyens de communication». Théo Baeriswyl, un étudiant fribourgeois de 16 ans, en fait les frais depuis quatre ans.

Théo a d’abord été victime de quolibets blessants à l’école primaire à cause de son apparence physique, puis de harcèlement en ligne à l’école secondaire, «mais lié cette fois à ma passion pour la danse et ma facilité de contact avec les filles», raconte-t-il.

L’étudiant est dès lors victime de chantage, d’insultes et de messages dégradants sur les réseaux sociaux, surtout de la part d’inconnus. «Cela m’a détruit sur le moment car j’étais seul et je gardais tout pour moi. Je cherchais toujours à montrer une face positive de ma personne», affirme-t-il.

Le harcèlement en ligne a des conséquences plus néfastes que celui vécu sous la forme de contacts directs, car «il se réactive sans cesse avec une permanence du contenu et l’idée qu’on ne peut pas toujours identifier le harceleur, protégé derrière son écran, explique Eva Yerly. La victime est dans un état d’insécurité constante.»

Solutions possibles

Selon Eva Yerly, pour s’en sortir il est essentiel «d’avoir une vie en dehors d’internet, de réfléchir à son utilisation et de pratiquer une activité gratifiante et plaisante pour construire une image de soi positive». Théo Baeriswyl a trouvé refuge dans la danse. Elle lui a sauvé la vie, estime-t-il. Le harcèlement en ligne a fait réfléchir l’étudiant et l’a conforté dans sa volonté de ne pas changer ses habitudes «afin de rester fidèle à soi-même, même si c’est dur», ajoute-t-il.

Théo conseille également aux victimes de s’entourer d’au moins une personne de confiance pour en parler. Jona Friedrich, porte-parole de la police cantonale, est du même avis: «Il faut accompagner, soutenir la victime dans toutes ses démarches, l’encourager à se confier et ne jamais la laisser se débrouiller seule.»

Tolérance zéro

Eva Yerly recommande d’agir rapidement, en fonction des situations, et de sécuriser les victimes par la mise en place de mesures de protection allant parfois jusqu’à une dénonciation à la police. «Il faut avoir une politique de tolérance zéro», affirme-t-elle. «Par la suite, un soutien psychologique aux victimes est envisageable dès que la sécurité est garantie et que tout danger ou menaces peuvent être écartées», conclut la psychologue.

Ligne 147 pour les victimes, www.actioninnocence.org

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