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Iklos espère sortir son troisième disque cet automne. © Yann Folly
Iklos espère sortir son troisième disque cet automne. © Yann Folly
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06.04.2020

Le rappeur fribourgeois Iklos met à profit son isolement forcé en travaillant avec son DJ sur un nouveau disque depuis les Grisons

Louis Rossier

Musique » «Tout s’est décidé hyper vite», souffle Iklos au téléphone depuis Davos. «J’avance au jour le jour, peut-être que je m’inscrirai au chômage technique, mais je reste ici jusqu’à la fin du confinement.» A 25 ans, le Fribourgeois tient dans sa poche deux EP et un bachelor en économie et développement durable. Mais sa priorité, c’est la musique.

C’est pourquoi, lorsque le Conseil fédéral édicte le 17 mars ses mesures pour enrayer l’épidémie de coronavirus, il décide sur-le-champ de s’isoler dans les Grisons avec son DJ pour travailler sur un nouvel EP. «La sortie est pour cet automne, avec un vernissage», prévoit cet ancien élève de la Gustav Academy, l’école de musique fondée par l’artiste dont elle porte le nom.

Si la pandémie ne se fraiera pas nécessairement un chemin jusqu’à ses textes, il en subit néanmoins les effets. «On a perdu plein de concerts sur lesquels on a beaucoup travaillé», grimace-t-il. «Je connais des artistes dont c’était le gagne-pain qui se retrouvent maintenant dans la m…» Le Villarois a encore de quoi manger, mais sa perception du futur s’en trouve affectée. «L’épidémie te force à te demander ce que tu veux faire maintenant», raisonne-t-il. «Tu n’as pas envie de construire quelque chose pour un avenir incertain.»

Pour lui, il y aura un avant et un après le coronavirus. «La pandémie a remis énormément de choses en question, elle nous fait chercher ce qui est essentiel», raisonne-t-il. Qu’est-ce qui compte, alors, à ses yeux? Après une pause, il affirme sans détour: «Quand il n’y a plus rien, il ne reste que notre humanité. C’est-à-dire l’amour, l’entraide et la solidarité.» Il insiste: «Aussi cliché que ça puisse paraître, je crois que l’amour c’est ce qu’il y a de plus important dans la vie.» Il évoquera ainsi sur son prochain disque la première fille dont il est tombé amoureux: «Elle n’est plus là, mais elle a laissé des traces», s’ouvre-t-il avec douceur.

Démarche authentique

Se refusant au mimétisme, Iklos tente d’être authentique dans ses textes. Pour son premier disque, Témoignages, il demande ainsi à des gens de lui raconter leur histoire: «C’est sombre à cent pour cent», tranche-t-il, mentionnant un morceau qui retrace le parcours d’un Rwandais dont la mère rescapée du génocide s’est réfugiée en Suisse. «Le type en question est réel, c’était mon premier vrai ami», confie-t-il. «Au fond, c’est un super bon gars, mais son parcours l’a marqué, et on lui reproche d’aller mal.»

Du reste, sa musique s’avère souvent plus revigorante qu’anxiogène: «Au début, j’étais enfermé dans le cliché selon lequel des thèmes tristes prennent une forme musicale triste, explique-t-il. Alors que tu peux avoir des textes lourds, profonds et sincères sur lesquels tu peux danser si tu les mets de côté.» Faire danser les gens, un de ses buts avoués: «Je veux leur apporter du love», sourit-il.

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