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«Certains trouvent violent de bloquer un pont»

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10.02.2020

Clémentine A.

23 ans, formatrice en désobéissance civile à Extinction Rebellion

«La désobéissance civile est un moyen d’action politique de dernier recours face à une urgence. Dans le cas du climat, cela fait au moins trente ans que l’on se mobilise au sein du milieu politique, sans succès. C’est pourquoi la désobéissance civile est maintenant nécessaire. Je pense que les personnes qui ne légitiment pas cette méthode ont l’impression d’être bien représentées et de posséder un pouvoir politique. Pour moi, les militants sont mieux informés puisque très au courant du fonctionnement du système étatique et de ses failles. D’autre part, les conceptions de la violence ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Certaines personnes peuvent trouver violent de bloquer un pont car cela les oblige à changer de chemin. Selon moi, il faut d’abord essayer de comprendre ce ressenti face à la désobéissance civile, pour ensuite expliquer notre propre manière de concevoir la violence.»

Joé Bersier

21 ans, apprenti à Micarna

«La situation climatique ne justifie pas la désobéissance civile. On ne peut pas commencer à faire des manifestations et bloquer des routes à tout-va. Ça ne va pas! Ces actions dérangent les gens qui sont pressés et qui ont des choses à faire. Je trouve cela malhonnête et trop extrême. J’ai peur qu’avec des choses comme ça, il y ait des dérives qui mènent à un effondrement du système et de l’économie. Ce serait l’anarchie. Personnellement, j’ai confiance dans le système. Pour moi, nous n’avons pas besoin que des gens se battent pour la nature, elle se débrouille très bien toute seule. D’ailleurs, je n’ai pas demandé aux militants climatiques de se battre pour moi non plus. Lorsque l’on a des convictions, on ne les impose pas. Personnellement, je suis sensible à la cause animale, mais ce n’est pas pour autant que je vais ennuyer le monde. C’est une question de respect.»

Zélie Schneider

24 ans, étudiante en études sur la famille, l’enfance et la jeunesse

«Désobéir aux lois, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux. Ce serait le chaos si tout le monde commençait à utiliser la désobéissance civile pour servir ses intérêts personnels. Mais nous parlons aujourd’hui d’une crise climatique d’intérêt public, c’est pourquoi cette méthode est justifiée et surtout nécessaire. Nous n’avons plus le temps de passer par les moyens politiques conventionnels et les simples initiatives personnelles ne suffisent de loin pas à améliorer les choses. Je ne blâme personne pour cette situation, il y a mille raisons socio-politiques et économiques qui y ont mené. J’estime que les mesures climatiques à prendre ne sont pas compatibles avec la croissance et le capitalisme. Pour obtenir enfin un changement, il faut mettre la pression sur les grands pollueurs. Des gens meurent déjà à cause de la situation et je n’ai plus envie que l’on continue à regarder le monde agoniser.» Mélodie Rossier

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