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La population a fait son choix

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06.06.2020

Dans son courrier du 27 mai, M. Andrey déplore le fait que La Liberté continue d’écrire «le Covid» bien que l’Académie française ait opté pour le féminin. Pour commencer, on rappellera que l’Académie n’est pas l’organe décisionnel concernant l’enseignement de la langue, ni en Suisse (où c’est la Délégation à la langue française de la CIIP – Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin – qui émet ses directives), ni en France (où l’Education nationale est libre de suivre les recommandations de l’Académie ou non).

Ensuite, l’argument de l’Académie est bancal. Le féminin se justifierait car Covid est l’acronyme de coronavirus disease, c’est-à-dire «maladie à coronavirus», expression au féminin. Mais d’une part, il y a en français d’autres acronymes issus de l’anglais, comme laser ou radar, qui sont masculins bien que basés sur des noms féminins, sans que l’Académie y trouve à redire (laser est l’acronyme de l’anglais pour «amplification de la lumière par émission stimulée de radiation»). D’autre part, de nombreux mots issus de l’anglais sont utilisés au masculin alors que leur traduction est au féminin. Par exemple, un casting = une distribution des rôles.

Enfin, au sein de la population, il n’y a pas de débat: en France tout comme en Suisse ou en Belgique, plus ou moins tout le monde dit «le Covid». Cet usage s’est très rapidement imposé. Même Bernard Pivot l’affirmait récemment sur le plateau de C à vous (France 5). Pourquoi donc l’ensemble de la population devrait-il modifier sa façon de parler car une institution le désirerait, qui plus est en se basant sur des arguments discutables?

Julien Vallélian,

Riaz

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