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Frappes turques contre les Kurdes

Les attaques d’Ankara, qui affirme agir en représailles à l’attentat à Istanbul, ont fait au moins 30 morts

Une station électrique du village syrien de Taql Baql après l’attaque de l’armée turque. © Keystone
Une station électrique du village syrien de Taql Baql après l’attaque de l’armée turque. © Keystone
Publié le 21.11.2022

Temps de lecture estimé : 4 minutes

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Syrie et Irak » La Turquie a lancé hier des raids aériens dans le nord de l’Irak et de la Syrie qui ont fait une trentaine de morts dans plusieurs régions sous contrôle des forces kurdes syriennes et du PKK, accusés par Ankara du récent attentat meurtrier à Istanbul. «L’opération aérienne Griffe Epée a été menée avec succès dans le cadre de notre stratégie visant à éliminer les attaques terroristes du nord de l’Irak et de la Syrie, assurer la sécurité des frontières et éliminer le terrorisme à sa source», a déclaré le Ministère turc de la défense, dans un communiqué.

Au total 89 cibles comprenant des abris, tunnels, dépôts de munitions, postes de commandement et camps d’entraînement ont été «détruits», et «beaucoup de terroristes ont été neutralisés», a affirmé le Ministère turc de la défense. Les frappes dans les provinces syriennes de Raqa et Hassaké (nord-est) et d’Alep (nord), faisant au moins 18 morts dans les rangs des FDS et 12 morts dans ceux du régime syrien, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une ONG basée au Royaume-Uni et qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie. Il y a eu 40 blessés, selon la même source. 

Les FDS «répondront»

L’ONG a également fait état de la mort d’un journaliste, Issam Abdallah, correspondant syrien d’une agence de presse kurde. Les autorités autonomes kurdes ont de leur côté fait état d’au moins 29 morts. Le Ministère syrien de la défense a dénoncé des «agressions turques» dans lesquelles «des soldats ont été tués».

En revanche, les frappes turques n’ont «pas fait de victimes» dans le nord de l’Irak, a affirmé un responsable du Gouvernement régional du Kurdistan d’Irak à l’AFP. «Les Turcs ont visé au moins huit zones où se trouvent des bases du PKK sans faire de victime civile», a assuré ce responsable, citant les régions montagneuses de «Shingal, Rawanduz, Bradost, Qandil, Asos, Soran, Rania et Qaladzi», situées entre Erbil, la capitale du Kurdistan autonome irakien et la frontière iranienne. Selon un porte-parole du PKK «ces opérations ne sont pas nouvelles, elles durent sans discontinuer depuis sept mois». Il a affirmé que «l’armée turque a effectué 3694 bombardements sur le sol du Kurdistan d’Irak» pendant cette période.

Immédiatement accusés de l’attentat d’Istanbul qui avait fait six morts et 81 blessés, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par Washington, avaient nié toute implication. «Ces attaques de l’Etat d’occupation turc ne resteront pas sans réponse. Au moment et à l’endroit appropriés, nous répondrons avec force et efficacité», ont promis dans un communiqué les FDS, avant l’annonce des tirs de roquette contre la frontière turque. Dans une réplique apparente contre Ankara, des tirs de roquettes effectués depuis le territoire syrien ont atteint un poste-frontière turc faisant au moins trois blessés, selon l’agence officielle turque Anadolu.

Kobané bombardé

Les frappes turques ont visé principalement la ville de Kobané (nord) et ses environs, près de la frontière turque, notamment des silos à grains près d’Al-Malikiyah (nord-est) et une centrale électrique au sud de cette province, située dans des zones sous le contrôle des Forces démocratiques syriennes (FDS, coalition armée dominée par les Kurdes). Les frappes ont complètement détruit la quatrième centrale électrique de Taql Baql, près d’Al-Malikiyah dans le sud de la province de Hassaké. Les bombardements ont également ciblé des positions où les forces du régime de Damas sont déployées à Raqa, Hassaké et Alep, selon l’OSDH.

«Kobané, la ville qui a défait l’Etat islamique, est la cible de bombardements par l’aviation de l’occupation turque», a annoncé Farhad Shami, un porte-parole des FDS, qui a rapporté que deux membres des FDS ont été tués à Al-Malikiyah, et quatre soldats pro-régime au nord d’Alep. Le commandant en chef des FDS, Mazloum Abdi, a dénoncé des bombardements «agressifs et barbares». «Le bombardement turc de nos zones menace la région entière. Ce bombardement ne sert aucun parti. Nous faisons tout pour éviter une catastrophe majeure. Si la guerre éclate, tout le monde sera affecté», 
a-t-il tweeté. AFP/ATS

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