La Liberté

02.07.2020

L'ONU cible les conditions avant le scrutin législatif au Venezuela

La Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet déplore à nouveau les victimes au Venezuela tuées par les forces de sécurité dans ce pays (archives). © KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI
La Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet déplore à nouveau les victimes au Venezuela tuées par les forces de sécurité dans ce pays (archives). © KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI
La Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet déplore à nouveau les victimes au Venezuela tuées par les forces de sécurité dans ce pays (archives). © KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI
La Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet déplore à nouveau les victimes au Venezuela tuées par les forces de sécurité dans ce pays (archives). © KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI
Partager cet article sur:
02.07.2020

Plus de 1320 personnes ont été tuées de janvier à mai au Venezuela dans des opérations sécuritaires, selon un chiffre compilé par l'ONU. La Haute commissaire aux droits de l'homme a ciblé jeudi à Genève des décisions de la Cour suprême avant les législatives.

Dans un rapport présenté jeudi devant le Conseil des droits de l'homme, Michelle Bachelet mentionne que plus de 430 victimes depuis janvier auraient été tuées par une unité d'élite de la police. Elle a souvent demandé aux autorités de mettre un terme aux activités de celle-ci, responsable, selon un précédent rapport de son bureau, de milliers d'exécutions judiciaires présumées. Un appel que la Suisse avait aussi relayé.

Mais l'unité poursuit ses exactions, selon le rapport présenté jeudi. Elle est même la première responsable des victimes dans les opérations de sécurité. Dans ces interventions, cinq membres des forces de sécurité ont été tués et seize blessés.

En un an, plusieurs dizaines de jeunes hommes ont été tués par les forces de sécurité dont une majorité par l'unité d'élite controversée de la police, selon des données vérifiées par le Haut-Commissariat. Devant le Conseil des droits de l'homme, l'ambassadeur vénézuélien a déploré un rapport qui n'est pas "crédible" et s'appuie sur des données qui ne sont pas"fiables", regrettant la "politisation" contre son pays.

Les autorités revendiquent des réactions à plusieurs tentatives de coup d'Etat. Elles ont aussi affirmé que plus de 730 membres des forces de sécurité ont été accusés d'homicide en environ trois ans, dont environ 120 ont été condamnés.

Conditions électorales ciblées par Bachelet

Si elle admet une réduction générale des taux d'homicides l'année dernière, Mme Bachelet demande des investigations "systématiques", "rapides" et "indépendantes" sur toutes les exécutions des forces de sécurité et des groupes armés. Elle appelle à nouveau à restreindre les unités spéciales.

De juin de l'année dernière à mai dernier, le Haut-Commissariat a continué à recevoir des accusations de torture et d'autres abus. Même si deux collaborateurs se trouvent dans ce pays, il souhaite encore lancer un véritable bureau.

Devant le Conseil des droits de l'homme, Mme Bachelet a aussi déploré que la pandémie ait augmenté les violations des droits économiques des Vénézuéliens, notamment en raison de prix importants de la nourriture. Elle cible les assauts contre les parlementaires qui s'opposent au président Nicolas Maduro. Et la Cour suprême qui a validé la nomination de membres du Conseil national électoral (CNE) sans le consensus de tous les partis.

Mme Bachelet lui reproche aussi d'avoir interféré dans les affaires intérieures de deux partis d'opposition. Ces décisions "réduisent la possibilité" de conditions pour des élections "crédibles et démocratiques", a-t-elle insisté. Le CNE a annoncé mercredi que les élections législatives auraient lieu début décembre mais l'opposition, emmenée par le président autoproclamé Juan Guaido, a déjà rétorqué qu'elle ne participerait pas.

Nicaragua également ciblé

Face à la crise politique et économique depuis plusieurs années, le rapport demande que les actes liés à l'état d'alerte restent proportionnés, limités et surveillés par une instance indépendante. L'ONU souhaite que le gouvernement honore les libertés fondamentales, améliore l'accès humanitaire, mette un terme aux détentions à l'isolement, libère des prisonniers en raison du coronavirus et ne discrimine pas les défenseurs des droits de l'homme.

Devant les Etats, Mme Bachelet a aussi déploré que les violations des droits de l'homme se soient poursuivies ces derniers mois au Nicaragua. Entre mars et juin, 43 plaintes pour ces abus ont été documentées par le Haut-Commissariat.

Aucune investigation n'a été lancée pour identifier et poursuivre les responsables de graves violations ces deux dernières années, a aussi affirmé Mme Bachelet qui dénonce cette impunité. Mais elle salue la libération récente de plus de 4500 détenus, même si elle n'a pas été appliquée à des dizaines de prisonniers politiques. La pandémie a également provoqué d'importantes restrictions démocratiques dans ce pays.

La représentante du gouvernement du Nicaragua a elle notamment ciblé les sanctions contre son pays. Au moins 325 personnes étaient décédées au total dans les protestations de 2018. Plus de 100'000 personnes ont fui le pays, selon l'ONU.

ats

suivez-nous sur insta

 

Articles les plus lus
Dans la même rubrique
La Liberté - Bd de Pérolles 42 / 1700 Fribourg
Tél: +41 26 426 44 11 / Fax: +41 26 426 44 00