La Liberté

20.05.2020

Fin de la pause des exécutions aux États-Unis

Le condamné à mort a reçu une injection létale (archives). © KEYSTONE/AP/KIICHIRO SATO
Le condamné à mort a reçu une injection létale (archives). © KEYSTONE/AP/KIICHIRO SATO
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20.05.2020

Un condamné à mort du Missouri, qui a toujours clamé son innocence, a reçu une injection létale mardi soir. Il s'agit de la première exécution aux États-Unis depuis que le nouveau coronavirus a mis en sommeil une partie du pays.

L'homme de 64 ans a été exécuté dans le pénitencier de Bonne Terre pour le meurtre d'une octogénaire, lacérée de coups de couteau en 1991. La victime, une de ses connaissances, gérait un terrain de mobil-homes. Le condamné faisait en outre partie des trois personnes ayant découvert son corps.

À l'issue d'une longue saga judiciaire, il avait été condamné à la peine capitale sur la base d'une expertise de traces de sang et du témoignage d'une ancienne codétenue, dont ses avocats contestent la fiabilité.

Pour tenter de le sauver, ces derniers avaient adressé un ultime recours à la cour suprême des États-Unis, mais celle-ci a rejeté leur requête, sans explication, à deux heures de l'échéance.

"Ils exécutent un innocent"

Ses derniers mots ont été "Moi, Walter Arkie Barton, suis innocent. Ils exécutent un innocent", ont rapporté les témoins de la scène. Il s'agit de la première exécution aux États-Unis depuis le 5 mars. Une dizaine ont été reportées au total, dans l'Ohio, au Texas ou dans le Tennessee, en raison de la pandémie de Covid-19.

Les services pénitentiaires du Missouri avaient opté pour un protocole de sécurité renforcée: les témoins, masqués, ont été séparés dans trois pièces après une prise de température et tenus de rester à distance les uns des autres pendant l'exécution, a détaillé une porte-parole.

Malgré tout, plusieurs associations ont critiqué la décision du Missouri. "Procéder à l'exécution [...] en pleine pandémie est insensé", a notamment estimé la puissante organisation de défense des droits civiques ACLU.

Pour les défenseurs du condamné, le dossier d'accusation a toujours été faible. Pour preuve, soulignent-ils, ses deux premiers procès ont échoué sans verdict et les deux suivants ont été annulés en appel. Il se trouvait dans les couloirs de la mort en raison de la décision prise par les jurés lors d'un cinquième procès, en 2006.

ats, afp

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