La Liberté

02.04.2020

Desplanches: "On ne peut que régresser dans une telle situation"

Jérémy Desplanches est resté à Nice pour passer son confinement. © KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
Jérémy Desplanches est resté à Nice pour passer son confinement. © KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
Le nageurgenevois Jérémy Desplanches n'a plus d'objectifs à court terme. © KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
Le nageurgenevois Jérémy Desplanches n'a plus d'objectifs à court terme. © KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
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02.04.2020

Jérémy Desplanches n'avait d'yeux que pour l'été 2020 et les JO de Tokyo. Depuis l'annonce de leur report d'un an, le vice-champion du monde du 200 m 4 nages est en mode "stand-by" du côté de Nice.

"C'est juste possible de s'entretenir, sans plus", glisse-t-il dans un entretien téléphonique accordé à Keystone-ATS.

Le Genevois, qui aura 26 ans le 7 août, s'est évidemment fait une raison. "J'ai digéré ce report, qui était devenu inéluctable. Mais j'ai quand même pris un petit coup au moral: les JO, c'est l'échéance d'une carrière, d'une vie. Et cela reste inimaginable que des Jeux puissent être reportés", soupire-t-il.

Et pourtant... Jérémy Desplanches est désormais, comme tous - ou presque - les sportifs de haut niveau, au repos forcé. De toute manière, "je n'arrive actuellement pas à réfléchir comme un athlète de haut niveau", concède-t-il. "On attend juste patiemment que la quarantaine soit levée. Mais ce n'est pas demain la veille."

Une heure de sport par jour

Alors que Jérémy Desplanches et ses coéquipiers de l'Olympic Nice Natation s'entraînaient encore "à fond" il y a tout juste une semaine, leur quotidien a même radicalement changé depuis l'annonce le 24 mars du report des JO de Tokyo. "Depuis, je ne fais plus qu'une heure de sport par jour", explique-t-il.

Les membres du groupe entraîné par Fabrice Pellerin n'ont, il est vrai, plus de véritable objectif à court terme. Ni peut-être même à moyen terme: "Les Championnats d'Europe de Budapest (prévus initialement en mai mais reprogrammés du 17 au 30 août) pourraient aussi sauter", juge le tenant du titre continental du 200 m 4 nages.

"Minimiser cette régression"

Jérémy Desplanches et ses équipiers sont même privés de leur outil de travail, leur piscine privée, depuis maintenant trois semaines. "Dans ce contexte, c'est possible de s'entretenir, sans plus. On ne peut que régresser dans une telle situation. Le but, c'est de minimiser cette régression", explique-t-il.

"Actuellement, j'ai l'impression d'être en vacances. D'ailleurs, on va très probablement s'accorder bientôt les trois semaines de vacances que l'on prend normalement en août", poursuit le Genevois, dont le quotidien ne ressemble plus vraiment à celui d'un athlète préparant un rendez-vous majeur.

"Je me lève vers 11h ou midi. Je profite car d'habitude c'est plutôt à 6h. Puis je fais le plein de vitamines, avant de faire une heure de sport. Le soir, c'est atelier cuisine et autres divertissements", souligne Jérémy Desplanches, qui s'adonne actuellement au yoga "pour améliorer ma souplesse, un point faible, et varier les activités".

Pas question toutefois de s'accorder une pause d'une saison. "On se prépare pendant dix ans pour des Jeux olympiques, pas pendant une année", assène le Niçois d'adoption. "Il n'y aura peut-être pas de grand rendez-vous ni de récompense pour valider le travail accompli cette année, mais tous les entraînements comptent."

Au chômage technique, Jérémy Desplanches ne devrait au moins pas être impacté financièrement par la crise. "Ce sont mes contrats qui me permettent de vivre, non pas les primes. Mes sponsors sont derrière moi. En plus, j'ai zéro dépense actuellement. Mais il ne faudrait tout de même pas que ça s'éternise", estime-t-il.

L'unité est notre force

Le Genevois est quoi qu'il arrive prêt à repartir de plus belle dès que la situation le permettra. Il ne peut qu'espérer que les mesures de confinement imposées en France comme en Suisse permettent de voir cette crise prendre fin à court terme. "Mais certaines personnes prennent encore ces mesure à la légère", regrette-t-il.

"J'ai l'impression que certains ne prennent conscience de la gravité de la situation que lorsque quelqu'un de leur entourage est touché par cette maladie", poursuit-il. "Lorsque quelqu'un part courir seul en forêt, il prône quelque part l'individualisme. Or, c'est notre unité qui fait notre force dans ces moments difficiles."

ats

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