La Liberté

Encore une idée reçue sur l’école

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05.06.2020

Dans sa lettre critique de la décision de M. Siggen concernant la reprise des écoles, M. Brasey (27.5) considère que «c’est quasiment les vacances» du fait qu’il n’y a plus ni devoirs ni évaluations jusqu’à la fin du semestre. Cette idée reçue démontre une totale méconnaissance de l’activité des enseignants: donner des ordres (les devoirs) et juger autrui (l’évaluation) n’est guère éprouvant, c’est même à la portée de tous.

Ce qui fait la difficulté de la profession, et conduit fréquemment les enseignants à l’épuisement (voir l’enquête du Syndicats des enseignants romands en 2017), c’est l’accompagnement des élèves, la construction des connaissances avec eux. Or, trop souvent devoirs et évaluations sont prétextes à renoncer à cet effort: l’école sans devoirs et sans évaluation, c’est une école qui exige davantage des professionnels: il n’est plus possible alors de déléguer aux parents – avec les inégalités que l’on sait – cette construction des connaissances avec les élèves, ni de masquer l’absence de pédagogie par la menace de la note.

Mais c’est également une école qui exige davantage des élèves, qui se retrouvent plus clairement face à leurs responsabilités. C’est l’école que la recherche en éducation appelle de ses vœux depuis des décennies.

Alaric Kohler,

chargé d’enseignement

à la HEP-BEJUNE,

Saint-Aubin

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